Un atelier d’aides techniques personnalisées au service de la reprise des loisirs

A workshop of personalised technical aids to help people resume their leisure activities

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Summary :

Leisure activities are a significant part of our daily lives. They contribute to our well-being and therefore to our health. The occupational therapist can help persons resume their leisure activities by recommending, making and installing technical aids. In order to meet specific needs, it is sometimes necessary for these to be personalised. The creation of a workshop for personalised technical aids (PTA) within the Kerpape Mutualist Rehabilitation Centre meets this need. In this workshop, the patient’s occupational therapist works with engineers and a 3D designer in a collaborative approach. The combination of skills around the user allows the creation of personalised, functional, aesthetic and safe technical aids. Two clinical vignettes illustrate the possibilities offered by cooperation and the use of manufacturing techniques such as 3D printing. The discussion will focus on the notions of safety and responsibility regarding the manufacture of these technical aids and on the hypothesis that a co-created technical aid limits the rate of abandonment of the use of the technical aid.

INTRODUCTION

En ergothérapie, l’accompagnement de la personne vers sa participation dans toutes les sphères occupationnelles est l’objectif principal. Les aides techniques sont un des moyens de compenser une incapacité et ainsi d’atteindre une pleine réalisation de l’activité, favorisant l’indépendance et l’autonomie des bénéficiaires. De nombreuses aides techniques sont aujourd’hui disponibles dans le commerce, qu’elles soient issues du domaine grand public ou spécialisées dans le « handicap ». Parmi les différentes occupations, on retrouve les activités dites de loisir. Celles-ci couvrent un spectre très large par leur diversité (sportive, artistique, etc.), mais aussi par d’autres composantes, comme leur niveau de difficulté (de l’initiation à la compétition). Elles peuvent être réalisées seul ou à plusieurs, nécessiter l’utilisation d’un matériel spécifique, etc. C’est pourquoi l’analyse précise de l’activité par l’ergothérapeute est primordiale. Il n’existe pas toujours dans le commerce des aides techniques adaptées à des situations particulières. Il est donc parfois nécessaire d’adapter ce type d’aides techniques issues du commerce ou bien d’en concevoir de manière personnalisée, pour qu’elles répondent au mieux aux besoins.

L’impression 3D – et plus globalement de la fabrication numérique – est en plein essor dans le domaine de la santé et tend à se démocratiser. Selon Gartner (2019), 25 % des dispositifs médicaux seront fabriqués en impression 3D en 2023 (principalement prothèses de hanche et implants). Ces techniques bouleversent aussi les pratiques professionnelles en ergothérapie. Cette nouvelle technique de fabrication numérique permet d’autant plus la personnalisation des aides techniques et facilite ainsi l’accès aux loisirs pour tous.

Un atelier d’Aides techniques personnalisées (ATP) s’est structuré au sein du Centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles (CMRRF) de Kerpape, pour les patients qui ne peuvent pas participer à la conception de l’aide technique ou lorsque l’aide technique est complexe. L’équipe de cet atelier est composée d’un concepteur 3D, d’un ingénieur et d’un ergothérapeute avec des compétences d’orthoprothésiste. L’ergothérapeute référent du patient travaille alors en collaboration avec ce trinôme pour la réalisation d’aides techniques personnalisées dans tout domaine d’occupation.

L’article illustre le fonctionnement d’un atelier pluridisciplinaire et les possibilités de confection d’aides techniques personnalisées, notamment concernant les loisirs.

CONTEXTE

Loisirs

Le terme de « loisirs » est en constante évolution depuis le xe siècle (Paquot, 2015). « Le loisir se définit comme une activité pratiquée lors de temps libre et qui entraîne un bénéfice particulier pour la personne » (Noreau et al., 2001). Les loisirs peuvent êtres culturels, comme le cinéma ou la lecture, créatifs comme le scrapbooking ou la photographie, ludiques comme les jeux (de société, jeux vidéos), sportifs… Dans le dictionnaire Larousse, le mot « loisir » est synonyme de plaisir, et il a d’ailleurs été démontré que les loisirs ont de nombreux effets bénéfiques, notamment sur la santé mentale (Joulain et al., 2010).

En sciences de l’occupation (Meyer, 2013), le domaine du loisir est intégré dans les occupations de la personne. Les loisirs participent, avec l’ensemble des différentes sphères occupationnelles, au maintien ou au rétablissement d’un équilibre occupationnel qui est un facteur de santé. L’occupation est « un groupe d’activités [ayant] une valeur personnelle et socioculturelle et qui est le support de la participation à la société» (Meyer, 2013). Doris Pierce distingue l’activité de l’occupation du fait de leur dimension respectivement objective et subjective. L’occupation est « une expérience spécifique, individuelle, construite personnellement et qui ne se répète pas. C’est-à-dire qu’une occupation est un événement subjectif dans des conditions temporelles, spatiales et socio-culturelles perçues qui sont propres à cette occurrence unique » (Pierce, 2016, p. 25).

Plusieurs études convergent aujourd’hui pour dire que la satisfaction dans les loisirs représente une part non négligeable de la satisfaction de la vie de la personne (Lapa, 2013). D’autant plus que les adultes consacrent en moyenne 4h58 de leurs journées aux loisirs (Hernandez, 2015).

Pour favoriser les bienfaits de cette pratique de loisir, les participants doivent avoir accès à des expériences de loisir signifiantes, correspondant à leurs intérêts et leurs préférences (Poulin et al., 2021). Certaines personnes en situation de handicap n’ont toutefois pas accès à de telles expériences (Poulin et al., 2021 ; Pagán-Rodríguez, 2014 ; Thompson & Emira, 2011). Ceci soulève l’importance de la qualité de l’expérience inclusive de loisir, au-delà de la simple intégration à un lieu ou un groupe (Quintana & Ortuzar, 2018). À cet égard, Carbonneau et al. (2015) décrivent trois dimensions influençant l’expérience de loisir inclusive qui mobilisent le potentiel des personnes : l’accès physique, le lien social et l’engagement dans des activités signifiantes de loisir.

Loisirs et ergothérapie

« La pratique des loisirs permettrait en outre d’avoir une meilleure estime de soi, un sentiment de contrôle de soi et de l’environnement, […] ou encore une meilleure socialisation » (Glantz et Richman, 2001 ; Metral, 2008). En effet, la réalisation des loisirs procure un sentiment de liberté (notion de plein gré et propre choix), d’où l’importance pour la personne de réaliser ses loisirs, mais encore plus de le faire de manière indépendante et autonome. Le rôle de l’ergothérapeute est de répondre à ce besoin d’autonomie et d’indépendance.

Les activités de loisir participent à la construction de l’identité occupationnelle de la personne. Ce sont des activités qui sont accomplies par choix, qui lui permettent d’affirmer son identité personnelle en soulignant les valeurs et les centres d’intérêt de la personne. La personne développe ainsi des capacités d’adaptation face à différentes difficultés rencontrées, car celles-ci sont source de dépassement de soi. Elles offrent des buts, et la possibilité de relever des défis, de progresser et de donner une direction et un sens à sa vie. L’ergothérapeute dispose de différents outils d’évaluation pour explorer ce domaine occupationnel.

L’ergothérapeute agit sur la productivité, le plaisir et le ressourcement qui correspond à l’attrait de ces activités (Pierce, 2016).

L’intervention de l’ergothérapie en termes d’accessibilité de ces occupations joue un rôle fondamental.

Ergothérapie et aide technique de loisirs

Pour la pratique des loisirs, un grand nombre de critères doivent être pris en compte : les habiletés opératoires et motrices de la personne, son environnement social et physique, son niveau d’exigence de réalisation, son niveau de pratique, son degré d’engagement… L’ensemble de ces éléments montrent la complexité de l’approche des loisirs. Même si l’accent au cours de l’accompagnement des patients en ergothérapie est souvent mis sur les activités de vie quotidienne (priorité au regard du délai de séjour de plus en plus court), il convient de rappeler que la reprise des loisirs fait partie des objectifs et est même primordiale (Suto, 1998) en ergothérapie.

Cette évaluation multidimensionnelle des loisirs effectuée par l’ergothérapeute lui permettra d’intervenir par différents biais, comme l’entraînement ou la modification de l’environnement (que l’on ne développera pas dans cet article), mais aussi la confection d’une aide technique.

Selon l’arrêté du 5 juillet 2010 relatif au diplôme d’État d’ergothérapeute (Legifrance, 2010), le référentiel d’activités définit l’ergothérapeute comme un professionnel impliqué dans le choix des différentes aides techniques, assistances technologiques, aides humaines, aides animalières et modifications environnementales.

La préconisation et la conception d’aides techniques s’inscrit dans une démarche d’intervention globale en ergothérapie qui part d’une évaluation des capacités et difficultés de la personne, de ses besoins, de son environnement. L’utilisation d’aides techniques reste un moyen de compenser une difficulté rencontrée (Hernandez, 2010) et améliore sa performance, donc son rendement occupationnel.

La norme Iso 9999 (Bougie, 2008) définit les aides techniques comme « tout produit (y compris tout dispositif, équipement, instrument, technologie et logiciel) fabriqué spécialement ou généralement sur le marché, destiné à prévenir, à compenser, à contrôler, à soulager ou à neutraliser les déficiences, les limitations d’activités et les restrictions de la participation ». La recommandation 92 du Conseil de l’Europe complète cette définition en ajoutant : « tout outil ou système technique susceptible de faciliter le déplacement, la manipulation, la communication, le contrôle de l’environnement, les activités simples ou complexes de la vie quotidienne, domestique, scolaire, professionnelle ou sociale » (Fodé & Forfert, 2008).

Après son évaluation, l’ergothérapeute, en lien direct avec le patient et l’équipe de rééducation, élabore un cahier des charges précis afin de concevoir une aide technique personnalisée qui répondra au mieux aux besoins du patient dans toutes ces dimensions.

Impression 3D : un moyen de personnalisation des aides techniques

Il n’est pas toujours aisé de trouver des aides techniques du commerce qui correspondent précisément aux besoins spécifiques de loisirs des personnes accompagnées. L’impression 3D vient apporter une réponse aux exigences des aides techniques personnalisées avec un grand nombre d’intérêts (Stojmenski et al., 2014) comme l’adaptation, la reproduction, le coût, le partage… (Allègre et al., 2017). La conception assistée par ordinateur et l’impression 3D font surtout preuve d’une efficacité pour la conception, le prototypage rapide et la fabrication sur mesure (Day & Riley, 2018). De nombreuses études de cas montrent l’intérêt de l’impression 3D pour la personnalisation : intérêt pour la fabrication de prothèses (Manero et al., 2019 ; Degerli et al., 2020), comme pour la reprise de la lecture ou de l’informatique – avec des performances pertinentes par rapport aux aides techniques du commerce (Maharaj et al., 2019).

En France, les premières expérimentations en ergothérapie ont été publiées en 2015 (Ehretsmann, 2015a ; 2015b). La réflexion s’est rapidement portée sur l’organisation dans les Établissements de soins médico-sociaux (ESMS) et les possibilités d’implication des usagers dans le processus de conception, avec l’implication de plusieurs profils d’acteurs (ergothérapeutes, référents techniques). Le premier REHAB-LAB est créé en 2016 au CMRRF de Kerpape, en lien avec le laboratoire d’électronique du  centre, pour permettre à des personnes de concevoir par elles-mêmes leurs propres aides techniques (Allègre et al., 2017). En 2022, on constate l’intérêt porté à ces nouveaux fablabs intégrés, puisqu’une communauté de 34 REHAB-LAB a été développée en Europe, créant plus de 1 300 aides techniques co-conçues avec/par plus de 900 usagers1. Cette activité est soutenue par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dans le cadre d’un projet, avec la participation de l’ANFE.

La démarche de l’atelier d’Aides Techniques Personnalisées

Au CMRRF de Kerpape, un atelier d’Aides techniques personnalisées (ATP) s’est structuré sous la forme d’une expérimentation de 2018 à 2021 dans le cadre du projet d’établissement. Des professionnels interviennent dans la fabrication de l’aide technique lorsque le patient ne peut pas s’impliquer dans sa conception (capacités cognitives et/ou fonctionnelles par exemples) ou lorsque l’aide technique est complexe et demande des compétences ou matériaux avancés. L’atelier ATP fait appel à de nombreuses techniques combinées plus ou moins innovantes, parmi lesquelles la fabrication numérique et l’impression 3D (Colle et al., 2007).

L’ATP repose sur une équipe pluridisciplinaire consacrée à la conception d’aides techniques personnalisées (à temps partiel, de 0,2 ETP à 0,5ETP en fonction des profils) :

  • – un dessinateur / concepteur 3D, garant du processus de fabrication, avec une connaissance particulière des matériaux, des outils de modélisation 3D, des possibilités d’assemblage par des connecteurs fiables, très utiles dans la conception des aides techniques de loisirs (Lee et al., 2019) ;
  • – une ingénieure en mécatronique avec un profil similaire, davantage axé sur la qualité de fabrication des aides La littérature existante sur le sujet pointe l’intérêt d’un processus de collaboration intégrant un technicien issu de l’ingénierie (Aflatoony et al., 2021 ; Thorsen et al., 2021 ; Aflatoony & Lee, 2020) ;
  • – une ergothérapeute / orthoprothésiste spécialisée dans la confection de certaines pièces, avec des techniques spécifiques comme des moulages pour des emboîtures qui respectent les particularités morphologiques et anatomiques des patients.

L’ergothérapeute du patient interagit avec ce trinôme pour la réalisation d’aides techniques dans tout domaine : vie quotidienne, professionnelle, loisirs…

La démarche de cet atelier, présentée dans la figure 1, est reproductible au sein d’autres structures sanitaires et/ou médico-sociales en France. Au-delà de l’implication des profils de personnes décrites ci-dessus, cette démarche est globalement partagée à ce jour par les organisations impliquées dans la communauté REHAB-LAB, notamment lorsqu’il s’agit pour les usagers de créer leurs propres aides techniques via l’impression 3D. Dans l’étape de fabrication, la première intention est de permettre aux usagers de participer à la conception de leur propre aide technique. Même sans cette implication dans la conception, l’usager est, quoi qu’il arrive, acteur de son projet.

Figure 1. Fabrication d’une aide technique personnalisée à l’atelier ATP du CMRRF de Kerpape.

De manière générale, la démarche autour de la création en Do It Yourself d’assistances technologiques est assez documentée, souvent associée à l’usage d’outils de fabrication numérique comme l’impression 3D, avant même que celle-ci ne se soit démocratisée dans les organisations de santé (Hurst & Tobias, 2011 ; Russo et al., 2018 ; Buehler et al., 2014).

De même, l’intérêt d’associer des profils techniques et des ergothérapeutes est multiple et documenté dans la littérature (Mihailidis & Polgar, 2016). Les profils techniques apportent des compétences variées autour des matériaux utilisables, des techniques de fabrication possibles, de la méthodologie et donc dans la conception même de l’aide technique (qui est parfois difficile à mettre au point). Ils guident également la conception, vérifient sa faisabilité technique jusqu’au rendu final, et proposent des aides techniques plus solides et plus esthétiques.

Un retour d’expérience de l’utilisation des compétences de l’ATP pour la reprise des loisirs de M. C et M. E illustre l’expérience de l’ATP.

VIGNETTES CLINIQUES

Cas de Monsieur C

M. C., homme de 61 ans, est père d’une famille nombreuse. C’est un ancien agriculteur, dynamique et bricoleur.

Suite à un accident de travail en 2008, il a été victime d’un polytraumatisme dont il a gardé des séquelles fonctionnelles au niveau des membres supérieurs.

M. C. ne peut pas reprendre son travail. Ses centres d’intérêt sont les activités d’entretien extérieur de la maison, notamment le jardinage : tonte, taille de haie, bois… Il souhaite reprendre ces activités sans exigence de rendement. Ces occupations lui permettent de se rapprocher de ses activités antérieures car ces dernières répondent à son identité occupationnelle. En effet, elles respectent ses valeurs (il aime être à l’extérieur, à la campagne) et elles lui procurent du plaisir. De plus, ces activités ont un sens aux yeux de sa famille : il se sent utile et garde son rôle d’homme et de père.

Il montre de bonnes capacités d’adaptation aux propositions, formule lui aussi des propositions, prend des initiatives et se montre engagé dans sa réadaptation.

Après un séjour de 2 ans au sein du centre, M. C. a tenté de reprendre ses occupations à domicile en essayant de modifier le matériel qu’il utilisait auparavant. Il a réussi à développer des techniques de compensation (gestes et adaptation par lui-même des outils), mais sans en être pleinement satisfait : il est encore en demande d’aide. C’est pourquoi il a décidé de contacter l’association APF France Handicap en 2018.

L’objectif principal d’accompagnement a été qu’il puisse utiliser certains outils et se montrer plus performant dans leur utilisation (taille de la haie, tronçonneuse, par exemple) : une tenue plus sûre et plus forte pour une gestuelle plus aisée, moins de fatigue, moins de compensation du dos pour éviter les douleurs.

L’ergothérapeute de l’association a réalisé des bilans fonctionnels notamment de son membre supérieur gauche. Le patient et l’ergothérapeute ont ensuite analysé les besoins et évoqué des idées d’adaptation à envisager pour répondre aux objectifs (figures 2a et 2b). Faute de moyens techniques, l’APF a réorienté M. C. en consultation au Centre de Kerpape pour évaluer les possibilités de conception. M. C. a bénéficié d’un séjour de 3 semaines au sein du centre afin de reprendre ses occupations (jardinage, bricolage, natation…).

Figure 2a. Bilan de l’ergothérapeute de l’APF France Handicap, page 1.
Figure 2b. Bilan de l’ergothérapeute de l’APF France Handicap, page 2.

Après un entretien et à l’aide du document élaboré par l’APF France Handicap pour redéfinir et préciser sa demande et ses besoins, l’ergothérapeute a analysé la pratique actuelle des activités via des questionnements et des mises en situation. L’objectif a été le maintien d’objets divers et une meilleure solidité dans le temps de l’aide technique initiale (gant de protection en cuir). M. C. réclamait une mise en place simple et qui se fasse de manière indépendante. Un travail de collaboration a ainsi commencé avec le patient qui se connaît très bien et a déjà des idées sur ses besoins en aides techniques.

La réflexion a été lancée autour d’un gant de protection en cuir confectionné à la fin de la dernière hospitalisation (en 2008). Ce gant maintient son poignet en position neutre et protège sa main des paresthésies et des douleurs neuropathiques.

M. C. l’utilise déjà dans la plupart de ses activités. Il a été renouvelé et amélioré.

Le besoin était ensuite d’étudier les possibilités de conception de nouvelles AT. Après une réflexion collective avec l’ATP, il a semblé pertinent de concevoir ces aides techniques sur une base similaire à celle du gant, mais solide et pouvant recevoir des connecteurs pour se prêter ainsi à des usages variés. La fabrication choisie a été le moulage en thermo-formable haute température. Ce moulage offre de nouvelles possibilités au membre supérieur gauche comme membre d’appoint (fig. 3).

Figure 3. Gant de protection en moulage thermo-formable haute température.

Ont été ainsi réalisées les aides techniques suivantes :

  • – une aide technique pour la tenue de la tronçonneuse (fig. 4) ;
  • – une aide technique pour la tenue du taille-haie (fig. 5). Il est à noter que, pour les aides techniques utilisant des machines, le cahier des charges devait obligatoirement intégrer un volet concernant la sécurité et comprenant les éléments suivants : maintien efficace, pas d’action ni de modification des systèmes de démarrage et de sécurité. Les aides techniques sont utilisées pour le membre d’appoint n’intervenant pas sur le système de sécurité de l’engin. Ces aspects de sécurité sont évalués lors des mises en situation pratique avec une approche empirique ;
  • – des aides techniques pour la tenue d’outils à long manche (fig. 6a et 6b) ;
  • – une aide technique munie de pinces pour le maintien de vis, par exemple (fig. 7) ;
  • – une autre pour faciliter la nage, en mousse thermoformée, sur la base du même négatif que les autres (fig. 8) : la matière utilisée allie légèreté et possibilité de flottaison, ce qui facilite la nage à M. C.
Figure 4. Aide technique pour la tenue de la tronçonneuse.
Figure 5. Aide technique pour la tenue du taille-haie.

 

Figure 6a. Aide technique pour la tenue d’outils à long manche n° 1.
Figure 6b. Aide technique pour la tenue d’outils à long manche n° 2.
Figure 7. Aide technique munie de pinces pour le maintien de vis.
Figure 8. Aide technique pour la nage.

Cas de Monsieur E

Ce jeune homme de 28 ans, présentant une tétraplégie après un accident de plongeon en 2018, dynamique, père d’un fils de 2 ans, aime passer du temps avec son entourage et les fêtes entre amis. Il avait pour habitude de jouer aux palets bretons, entre amis ou en famille. Ce jeu se pratique en groupe, par équipes lors d’un moment convivial, intégrant plus ou moins une atmosphère de défi et de compétition. Il ne peut plus pratiquer ce loisir, par son incapacité à tenir le palet et à le lancer.

Le fait de ne plus participer au jeu a eu des conséquences sur ses relations sociales, entraînant chez M. E. un sentiment d’exclusion par rapport au groupe avec lequel il partageait ce moment de plaisir.

Une analyse de sa main et des capacités gestuelles de son membre supérieur a été effectuée, une observation de la main au repos, lors de mobilisation et un bilan de préhension ainsi qu’un bilan fonctionnel du membre supérieur. Une analyse de l’activité avec mise en situation du patient et de l’ergothérapeute a permis d’évaluer les besoins pour la tenue du palet.

Ce jeu consiste à lancer un palet en fer à plat sur une planche de 1 m par 1 m, à une distance de quelques pas, au plus près du palet maître (équivalent du cochonnet à la pétanque). Une prise particulière est nécessaire pour un lancer efficace : avoir une amplitude d’épaule et de coude pour permettre le lancer (vitesse, endurance, force), avoir un soutien assez ferme du palet pour le maintenir (en lien avec sa forme ronde et son poids) et enfin lâcher au bon moment pour lancer dans la bonne direction.

Cette réflexion et ces mises en situation ont abouti à la fabrication d’un prototype en plastique thermo-formable basse température (« Orfit eco® ») moulé sur les doigts de M. E. Des essais en situation ont amélioré ce prototype : mise en place de bagues sur mesure pour les doigts choisis pour la tenue de l’aide technique (pouce et majeur), de rebords pour éviter au palet de glisser mais sans le retenir, de l’antidérapant pour maintenir le palet correctement à plat lors du lancer. Le thermoformable est une matière cassante dans le temps. L’ergothérapeute référent a fait appel à l’atelier ATP pour confectionner l’aide technique en impression 3D. Un scanner du prototype a donc été effectué par le concepteur 3D qui a ensuite retravaillé l’aide technique sur le logiciel de modélisation 3D « Meshmixer ». L’aide technique obtenue (fig. 9) est solide, esthétique et reproductible en cas de perte. Effectivement, le patient part du centre de Kerpape avec le fichier informatique (format STL ou OBJ) de son aide technique personnalisée et peut ainsi la réimprimer quand il le souhaite (si les besoins n’ont pas évolué), là où il veut : fablab, plateforme internet, entreprises locales, par exemple.

Figure 9. Aide technique pour jeu de palets.

DISCUSSION

Quand les aides techniques du commerce n’existent pas, la fabrication d’aides techniques par les ESMS est une solution pour répondre aux besoins des per- sonnes. Ce retour d’expérience rend compte de la nécessité de la personnalisation des aides techniques.

Ces dernières années, des interrogations émergent vis-à-vis de ces créations d’aides techniques : cadre réglementaire, déontologique, éthique, juridique, technique… Ces questions ne se posaient pas il y a quelque temps encore, mais la société évolue vers la mise en place de procédures garantissant la sécurité de tous les usagers.

À ce jour, on note encore un vide réglementaire/ juridique en termes de fabrication des aides techniques et de responsabilité, de traçabilité et de qualité. Concernant les aides techniques sur mesure fabriquées dans les établissements de santé, il existe un règlement européen relatif aux dispositifs médicaux (EU, 2017) qui reste aujourd’hui sujet à interprétation. Dans le cadre d’un projet soutenu par la CNSA, et porté par le CMRRF de Kerpape pour la communauté REHAB-LAB, l’ANFE participe à la réflexion depuis des dizaines d’années en ergothérapie et est impliquée dans un groupe de travail portant sur ce sujet sur le plan national.

D’un point de vue déontologique, nous pensons qu’il est essentiel de défendre cette possibilité et cette richesse professionnelle qui offrent un service non négligeable aux usagers. La personnalisation des aides techniques entre pleinement dans la marge d’intervention des ergothérapeutes. Répondre à la demande d’égalité dans l’accès aux loisirs et promouvoir le droit à la pleine participation sociale est en effet le cœur de notre métier (ACE, 2003). Est visé un état de santé optimal, à travers la réalisation des occupations qui donnent un sens à la vie de la personne. Au CMRRF de Kerpape, le projet d’établissement est responsable des fabrications d’AT personnalisées. Notons qu’aucune AT existante sur le marché n’est reproduite.

Ici, nous évoquons la possibilité d’accomplir des loisirs. Mais une grande partie des aides techniques personnalisées réalisées dans les structures de santé en France ne permettent aujourd’hui aux personnes que d’assurer leurs soins quotidiens (hygiène, par exemple). Or nous avons vu ici l’intérêt de rendre les loisirs également accessibles pour favoriser la santé et l’équilibre occupationnel des usagers sur le long terme. Cela présente aussi un intérêt d’utilité publique global en plus du bénéfice pour la communauté des usagers. Ainsi, au-delà de la satisfaction de retrouver de l’indépendance, ces personnes sont moins dépendantes de tierces personnes (de plus en plus difficiles à trouver et qui n’interviennent souvent que pour les besoins élémentaires). Le risque de complications secondaires liées à la non-pratique de loisirs et donc d’activités sociales (repli sur soi, dépression) est ainsi limité. Le coût pour la société est par conséquent lui aussi diminué.

Concernant la sécurité, plusieurs éléments sont pris en compte pour assurer la sécurité de l’usager :

  • – un cahier des charges approfondi et précis est défini et étayé après diagnostic ergothérapique ;
  • – les matériaux utilisés sont connus et testés ;
  • – les techniques de fabrication sont maîtrisées ;
  • – les aides techniques sont testées en situation écologique ;
  • – aucune modification de produits ou de systèmes de sécurité n’est faite ;
  • – le patient est informé, est partie prenante et en accord avec le projet ;
  • – parfois, un appel à des compétences externes est réalisé (soudure par exemple) pour assurer la qualité du produit fini. L’accent est effectivement mis sur les jonctions, lors de l’assemblage des pièces d’une AT, si elle est composée de plusieurs

Les compétences d’analyse d’activité de l’ergothérapeute associées à la connaissance du patient et les compétences techniques de l’équipe de l’ATP sont garantes de la sécurité du patient, qui est pleinement intégré à la conception du projet.

Lorsqu’il s’agit d’aides techniques réalisées en fabrication numérique, et pour garantir une traçabilité, nous archivons sur une base de données interne les fichiers 3D.

Par la suite, en équipe, nous décidons des aides techniques qui seront diffusées (sur la plateforme REHAB-LAB) en fonction des enjeux d’apprentissage et de vulnérabilité de l’usager vis-à-vis de l’aide technique. Ce partage avec d’autres structures au sein d’un réseau de pratiques professionnelles est pertinent pour faciliter l’accès à cette pratique, mais aussi afin de garantir une certaine qualité. En effet, les aides techniques – contrairement à celles que l’on peut trouver sur des bases de données généralistes – ont été fabriquées et approuvées par des ergothérapeutes.

Dans le cas d’une perte ou d’une casse d’une aide technique fabriquée via impression 3D, nous pouvons, si les besoins du patient accompagné n’ont pas évolué, envoyer le fichier informatique de l’aide technique afin de la reproduire à l’extérieur de l’établissement. Si cette situation semble pertinente pour garantir l’utilisation d’une aide technique, elle complique davantage la situation en termes de responsabilité…

Avec la permission de M. E., l’aide technique « porte-palet » a été partagée sur la plateforme REHAB-LAB – dans la catégorie « Loisirs »2  –  afin que d’autres structures puissent également l’imprimer localement au cas où des besoins spécifiques similaires seraient exprimés. L’aide technique a ainsi été partagée sous la licence CC BY-NC-SA (Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International), permettant à d’autres personnes de modifier le travail effectué et de s’en inspirer, à des fins non commerciales…

La réévaluation est un enjeu décisif et contribue à faire reconnaître ces pratiques professionnelles dans toutes ses dimensions. Dans la littérature, nous pouvons constater qu’un grand nombre d’AT sont abandonnées lors de leur première année d’utilisation. Dès les années 1990, un constat d’échec lié à l’utilisation des aides techniques est dressé dans les pays développés. Quelques études pointent alors un taux d’abandon des AT de l’ordre de 30 % (Phillips & Zhao, 1993). Les facteurs identifiés sont le manque de prise en compte de l’opinion de l’utilisateur dans la sélection, la difficulté d’acquisition de l’appareil, la mauvaise performance de l’appareil, et le changement des besoins ou des priorités de l’utilisateur. Ce constat est repris dans le rapport Denormandie-Chevalier (Denormandie, 2020) qui évoque 30 % à 40 % de taux d’abandon en France d’aides techniques lors de leur première année d’utilisation.

Cela a conduit Phillips et Zhao (1993) à mettre en évidence la nécessité de développer des stratégies et des services qui augmentent l’engagement des utilisateurs et de considérer leurs besoins à long terme. De même, Desmond et al. (2018) soulignent l’importance d’intégrer pleinement les personnes au centre du dispositif de choix et confection de l’aide technique. Les produits d’assistance sont des interfaces entre la personne et la vie qu’elle souhaite mener. Ils insistent donc sur l’importance de sélectionner des modèles de pratique et des méthodes de recherche centrés sur la personne. Il est donc important de travailler en collaboration avec le patient et de répondre à ses besoins à long terme afin de diminuer le risque d’abandon des aides techniques et d’améliorer sa satisfaction, qui présente de nombreuses caractéristiques individuelles. Nous pourrions ajouter que la participation des usagers à la conception d’une aide technique personnalisée diminuerait la proportion d’abandon. Pour valider l’hypothèse que l’ATP permet de réduire le taux d’abandon de l’AT par les usagers, il serait nécessaire d’évaluer l’utilisation de ces aides techniques à long terme.

Quelques études semblent montrer le chemin en utilisant des outils comme le QUEST (Demers et al., 2002). Cet outil a été le moyen d’évaluation d’une étude (Lee et al., 2019) dans laquelle il est démontré que les équipements imprimés en 3D obtiennent de meilleurs résultats en termes d’intégration par l’usager que les équipements d’assistance prêts à l’emploi – d’où l’intérêt de la personnalisation de l’AT, repris également dans le cadre d’un processus de co-conception (Gherardini et al., 2018). Dans une autre étude concernant un pilulier réalisé en impression 3D, une meilleure adhésion à l’équipement et une meilleure observance du traitement a été observée (Schwartz et al., 2020).

CONCLUSION

L’importance de la place des loisirs dans l’équilibre de vie de la personne est à nos yeux largement démontrée. Dans le cas d’un handicap, la démarche générale de l’ergothérapeute vise la participation et la réalisation des différentes occupations signifiantes de la personne. L’atelier d’ATP est un outil novateur pour y parvenir, en complément des autres moyens.

À ce jour, l’atelier a confectionné plus de 550 aides techniques réalisées dans les secteurs adultes et pédiatriques du centre, aussi bien pour des patients hospitalisés que pour des patients en hôpital de jour. Certains usagers, comme M. C. et M. E., reviennent pour modifier et/ou élaborer de nouvelles aides techniques dans différents domaines. Grâce à la co-conception au sein de l’ATP, les moyens de fabrication sont divers et combinent des techniques traditionnelles avec des techniques de fabrication numérique, pour répondre le plus finement possible aux besoins de chacun.

La clé de la réussite de ces projets tient en trois points essentiels :

  • – l’expertise de l’ergothérapeute pour l’élaboration du cahier des charges grâce à sa vision globale de la personne et à l’analyse précise de ses difficultés ;
  • – l’alliance des compétences professionnelles techniques et complémentaires ;
  • – et surtout l’engagement des patients grâce à une approche centrée sur leur identité occupationnelle et les besoins qui en découlent.

 

Références bibliographiques

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Pour référencer cet article

Contal, V., Yhuel, F., Rietmann, M., Besnier, J., Le Besque, R., Marivain, S. & Allegre, W. (2022). Un atelier d’aides techniques personnalisées au service de la reprise des loisirs. ErgOThérapies, 86, 33-44.


Article rédigé par :
  • Virginie Contal

    Ergothérapeute DE
    Référente hippothérapie
    Référente vie sexuelle et intime
    Référente contention physique
    Référente ETP
    Service ergothérapie TRAB-med au CMRRF de Kerpape
    kerpape.ergo-trab-med@vyv3.fr


  • Florie Yhuel

    Ergothérapeute DE
    Référente hippothérapie
    Référente ETP escarres
    Service ergothérapie TRAB-med au CMRRF de Kerpape


  • Mathieu Rietmann

    Développeur produit
    CMRRF de Kerpape


  • Jérémy Besnier

    Concepteur et Dessinateur 3D
    Laboratoire d’électronique du CMRRF de Kerpape


  • Rozenn Le Besque

    Ergothérapeute DE
    Référente vie sexuelle et intime
    Service d’ergothérapie TRAB-med au CMRRF de Kerpape


  • Servane Marivain

    Ergothérapeute DE
    Directrice des plateaux de rééducation et de réadaptation
    CMRRF de Kerpape


  • Willy Allègre

    Ingénieur, PhD
    Co-animateur de la communauté REHAB-LAB
    Directeur technique du CoWork’HIT
    CMRRF de Kerpape
    BP 78, 56275 Ploemeur Cedex


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